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LITTERATURE

XVII° siècle

Les auteurs et leurs œuvres

Yvan Pailhès©

Enseignant chercheur honoraire

Université Aix-Marseille

Ecole de Notariat

Blaise Pascal

1623–1662

(1ere partie)

 

BIOGRAPHIE:

Blaise Pascal naquit à Clermont-Ferrand, en 1623.

Son père était président de la Cour des Aides en cette ville. Pascal fut un enfant de génie[1] : à 11 ans il écrivit un petit traité sur la propagation des sons, à l’âge de 12 ans, il trouve de lui-même et sans le secours de livre les premiers principes de la géométrie notamment les trente-deux premières propositions d’Euclide. À 16 ans il écrit un traité sur les « sections coniques », admiré des plus grands savants de ce temps, de Descartes en particulier. Physicien autant que géomètre, il fait des expériences sur la pesanteur, sur le vide. Il invente la presse hydraulique, le haquet[2]. Son père ayant été nommé à la fin de 1639, à Rouen, intendant « pour l’impôt et la levée des tailles », pour l’aider dans ses calculs, Blaise Pascal invente une « machine arithmétique » faisant tous les calculs (la première machine à calculer). Élevé dans un milieu d’une piété ardente, mais sévère, ces austérités compromettent une santé déjà minée par ses recherches scientifiques. À 30 ans, après une vie de « divertissement » mené sur les conseils de son médecin il renonce soudain à la science et à la vie mondaine. Échappé miraculeusement à la mort, lors d’un accident où il faillit tomber avec sa voiture dans la Seine, au pont de Neuilly, il ne veut plus songer qu’à faire son salut et entre à Port-Royal, où il mourut à l’âge de 39 ans, en 1662, après des années de recueillement et de pénitence. 

ŒUVRES: 

Deux œuvres essentielles : «Les Provinciales » et « les Pensées » (ces dernières sont en fait des notes en vue d’un ouvrage inachevé « Apologie de la Religion Chrétienne ».

I) Les Provinciales.

Ces« lettres de Louis de Montalte à un provincial de ses amis » appelées au XVIIe siècle les « petites lettres » avaient un double but: d’abord défendre le grand Arnault et avec lui la doctrine janséniste touchant la grâce, ensuite attaquer la morale enseignée par les pères jésuites qui par leur « casuistique » ou science des cas de conscience, ruine la véritable morale chrétienne. 

II) Les Pensées.

Simples matériaux d’une « Apologie de la religion chrétienne » inachevée à la mort de Pascal, l’œuvre fut publiée par Port Royal. Nous donnons ici un plan reconstruit :

  1. 1)« Tout, en nous et autour de nous, crie notre misère

et dans la débilité de notre machine

comme dans les vices de l’organisation sociale

comme dans l’impuissance de notre raison

nous ne trouvons que des motifs de désespérer.

2) « D’où vient donc la protestation qui s’élève du fond de ce désespoir même ?

– L’exception qu’à ce titre nous constituons dans la nature ?

– L’invincible confiance que nous avons dans une destinée meilleure ?

– C’est ce que nous saurons si nous acceptons le dogme d’une chute originelle.

– L’obligation qui nous a été imposée de l’expier et le dogme de la rédemption

– lesquels sont précisément les dogmes essentiels du christianisme

– Répugnons-nous à l’accepter ?

– Considérons en ce cas, qu’il suffit d’y croire, pour être aussi bon que nous le puissions être parmi les hommes

– que ces dogmes ont d’ailleurs été figurés par l’ancienne loi

– annoncés par les prophètes

– confirmés par les miracles

– qu’à défaut de notre raison, nous pouvons toujours y incliner notre volonté. »


 



[1] Chateaubriand dira de lui : « un effrayant génie ».

[2] Charrette étroite et longue, dépourvu de ridelles, et servant essentiellement au transport des tonneaux, encore appelés la brouette du vinaigrier et tractée par un ou deux chevaux