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VOULEZ-VOUS APPRENDRE À PRIER ?

Avec l’aimable autorisation du Père Placide hygoumène du Monastère Orthodoxe Saint-Antoine le Grand

 26190 Saint Laurent en Royans France

"Tout ce que vous demanderez au Père en mon Nom, il vous l'accordera"

 

Les paroles du seigneur sur la prière, dans l’Évangile, sont d’une force, d’un absolu, qui devrait nous bouleverser : « Tout ce que vous demanderez au Père en mon Nom, il vous l’accordera » (Jean chapitre 15, verset 16) ; « et moi, je vous le dis : demandez, et on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et on vous ouvrira » (Luc chapitre 11, verset 9 ; Mathieu chapitre 7, verset 7).

Oui, « la puissance de la prière est prodigieuse, car, plus forte que tout ce qui existe, c’est elle qui fait descendre l’Esprit Saint » (saint Séraphin de Sarov).

Pourquoi notre prière est-elle si faible, si languissante, apparemment si inefficace ? Le Christ encore nous donne la réponse : « À cause de votre peu de Foi. Car je vous le dis en vérité, si vous aviez de la foi comme un grain de sénevé, vous diriez à cette montagne : va-t-en d’ici à là, et elle irait, et rien ne vous serait impossible » (Matthieu chapitre 17, verset 20).

Vous ne savez pas prier, dites-vous ? Imitez le publicain de l’Évangile. Dites seulement : « Seigneur Jésus-Christ, aie pitié de moi ! » Répétez simplement, inlassablement, ces humbles mots.

Une prière vraie, une prière faite avec foi, ce ne peut être une formule récitée distraitement, du bout des lèvres, animée simplement par une conviction fragile ou un émoi passager de notre sensibilité. La vraie prière doit jaillir d’un cœur broyé, du fond de notre être réunifié avec la conscience aiguë de notre détresse, de notre totale impuissance, de notre radicale pauvreté devant Dieu, et par une confiance ardente, totale, en l’amour du Seigneur pour nous, en Sa toute-puissance miséricordieuse.

Quand Pierre se voyait enfoncer dans la mer et s’écriait : « Seigneur, sauve-moi ! » (Matthieu chapitre 14, verset 30), il n’était pas distrait, il ne pensait pas à autre chose. Que sa prière soit le modèle de la nôtre !

N’ayons pas peur de la quantité dans la prière. Ne craignez pas de beaucoup prier, et de le faire longuement. Non pas pour multiplier les mots à la manière des païens, mais pour exprimer l’intensité, l’insistance et la persévérance de votre désir. Imitez la pauvre veuve et l’ami importun que le Seigneur nous a donnés en exemple (Luc chapitre 11, versets 5 – 8 ; chapitre 18, versets 1 – 8).

Vous voulez prier pour quelqu’un qui vous est cher, qui est dans la détresse ? Dites une seule fois : « Seigneur Jésus-Christ, aie pitié de ton serviteur un tel, ou de ta servante une telle », et enchaînez aussitôt, en vous servant de votre chapelet, 10 fois, 100 fois si vous le pouvez : « Seigneur Jésus-Christ, aie pitié de moi ! », en sachant que, lorsque vous priez, « moi », ce n’est pas votre petit moi, c’est ceux pour qui vous priez, c’est le monde entier, car nous sommes tous un dans le Christ, tous ensemble l’unique brebis perdue que le Christ est venu rechercher en la prenant sur Ses divines épaules.

Si vous voulez progresser dans la vie spirituelle, avant tout, priez. Selon la parole d’un saint moine contemporain du Mont Athos, le père Joseph l’Hésychaste : « La prière vous enseignera tout. »

Si vous voulez décupler la puissance de votre prière, associez-la au jeûne. Il n’y a pas d’arme plus puissante contre les forces du mal, il n’y a pas d’échelle plus sûre pour s’élever vers Dieu.

Comme le disait un grand spirituel du XIXème siècle, « il n’est pas possible de transiger : ou nous sommes des hommes envahis totalement par la prière, et nous obtenons tout, ou nous faisons une « bonne place » à la prière, en nous réservant une petite part personnelle, et alors nous ne pouvons rien comprendre à l’esprit de l’Évangile. »