Aujourd'huiAujourd'hui220
HierHier282
SemaineSemaine502
MoisMois3679
TotalTotal169420

Initiation à l'étude de l’hébreu biblique

 L'hébreu des origines à nos jours

PANORAMA

Yvon PAILHES©

Enseignant à l’Université Aix-Marseille 

Professeur de l'Istitut Supèrieur des Sciences juridiques

Directeur du Département de L'Institut  LACYDON

 

 

L'hébreu est la langue d'Abraham et des patriarches et a environ trois mille ans.

BRChT (Béréchit) est le premier mot de la Torah.

Le premier des livres est attribué mystiquement à Moïse.

Les trois textes clés de la mystique juive sont :

- BRChT,

- le début d’Ezéchiel,

- le cantique des cantiques.

Parmi les livres anciens celui de Daniel est considéré comme un des plus vieux ; mais le texte le plus ancien est sans doute le chapitre II du livre des Juges qui date d’environ 1130 avant Jésus-Christ, c'est-à-dire à peu près un siècle après l'exode.

Un grand nombre de textes anciens sont de l'époque monarchique c'est-à-dire sur une période s'étendant du XIe siècle au VIIe siècle avant Jésus-Christ.

Les quatre sources exégétiques sont :

- la source élohiste,

- la source javhiste (ou Iavhiste, yhvh, Iod hé vav hé ),

- la source du royaume du Nord (source plus tardive),

- la source du royaume du Sud (vers 900 avant Jésus-Christ)

Le Deutéronome (deuxième loi) est issu des cercles Jérémiens.

La défaite de Jérémie devant Nabuchodonosor en 587 avant Jésus-Christ va entraîner la déportation des juifs à Babylone, déportation qui durera 50 ans ; de cette période date la naissance du judaïsme.

Le souci sera le sauvetage des écritures existantes mais également le rajout d'autres textes tel, le livre d'Isaïe.

Le retour à Jérusalem se fera en 538 avant Jésus-Christ sous le roi Cyrus, surnommé le Messie. Le temple et la ville qui avaient été détruits sont reconstruits ; mais il n'y aura désormais plus de roi à Jérusalem.

Toutefois une souche babylonienne va reste sur place ; c'est le début de la diaspora.

Pendant l'exil l'hébreu s'est perdu, les juifs s'expriment en araméen, et souvent dans un mélange d'hébreux et d'araméen.[1]

Après l'exil l'hébreu devient de plus en plus une langue sacrée.

Les prêtres de Jérusalem vont remettre en forme, vers 450 avant Jésus-Christ, les livres saints, ce travail sera achevé par Esdras.

C'est le règne des prêtres qui achèvent la rédaction et la publication de la Torah vers 400 avant Jésus-Christ.

La nécessité de lire la Torah crée les synagogues qui sont des maisons de lecture pour lire les 54 Parashas[2]

Ce développement des synagogues va rendre les scribes tout puissants, ce sont les pharisiens qui, à la loi écrite, rajoutent la loi orale.

Les autres sont les sadducéens qui appartiennent à un parti sacerdotal ; ils ne reconnaissent que le Pentateuque c'est-à-dire les cinq premiers livres de la Bible (la genèse, l'exode, le Lévitique, les nombres, le Deutéronome) ils rejettent la loi orale et, de ce fait, sont opposés et adversaires des pharisiens, ils n'admettent également pas la résurrection des morts et la vie éternelle.

Il n'y a pas d'autres textes bibliques pour l'époque ancienne en effet les psaumes sont inclassables étant des oeuvres pastiches[3].

L'alphabet proto hébreu est remplacé par l'alphabet carré qui n'est autre que celui de l'araméen.

Les autres alphabets que l'on peut rencontrer sont le rabbinique et l'alphabet cursif qui est celui de l'hébreu moderne.

L'empire perse disparaît en 333, débute alors le contrôle des Grecs.

Les points de repères des époques suivantes sont ces autres textes :

- La Michna vers 200 avant Jésus-Christ.

- Les textes de Qumram.

- Le talmud (mélange d'hébreux et d'araméen).

- La langue commune.

De 267 à 164 avant Jésus-Christ Antiochos Épiphane persécute les juifs qu'il veut helléniser.

Le peuple hébreux va se répartir selon trois groupes, trois tendances, il y a  d’abord les prêtres du temple, notamment les pharisiens qui sont indifférent à l’occupation, car peu ou pas du tout préoccupés de politique, ils collaboreront avec les grecs et seront peu concernés dés l’instant que les fondements religieux ne sont pas remis en question ; l’autre catégorie, les intégristes, se situent dans la tendance de Qumran ; enfin les Zélotes, menés par les frères Macchabées[4] (notamment judas et Simon Macchabée) opposent une résistance armée farouche et seront, à terme, victorieux.

Sous les dominations perses et grecques, on procède à l'accumulation des livres et aux regroupements de tous les prophètes :

I) Josué, les Juges, premier livre de Samuel, les Rois.

II) deuxième livre de Samuel, Noémie.

III) littérature de sagesse développée sous l'exil et d'influence égyptienne.

IV) développement du psautier clos vers 150 avant Jésus-Christ.

L'implantation juive en Égypte, essentiellement à Alexandrie et Eléphantine, est celle de juifs hellénistes surtout les alexandrins. Cette implantation aboutit à un fusionnement des courants juifs et de la philosophie grecque, ainsi Philon d'Alexandrie est le fruit de la Torah et de Platon.

La prophétie prend fin vers 350 avant Jésus-Christ ainsi que la royauté après l'exil, restent les prêtres et les scribes. Les scribes sont les commentateurs de la Thora qui est une écriture qui produit de l'écriture ; les juifs pratiquent l'araméen et le grec.

Aux pharisiens et sadducéens vont s'ajouter de nouveaux courants comme les Esséniens, les zélotes, les baptistes (mi esséniens mi baptistes) ils ont en commun le messianisme comme libération politique.

La période romaine commence en 64 avant Jésus-Christ elle ouvre une période de troubles politiques importants. L'agitation politique  est telle qu'elle amène la destruction par Titus du temple en 70 après Jésus-Christ, puis l'écrasement total et la destruction de Jérusalem en 130 et la dispersions des juifs. Il y aura donc plus de juifs en Terre Sainte ; la diaspora se fait autour du bassin méditerranéen, en Grèce, en Italie, en Gaule et en Afrique du Nord.

C'est la fin d'Israël et la fin de tous les courants juifs ; restent seulement les pharisiens qui peuvent se passer du temple.

Les canons du judaïsme sont fixés à l'assemblée (sanhédrin) tenue dans la ville de Yavné en 90 après Jésus-Christ.

Le critère implicite majeur est la rédaction en hébreu, les livres grecs et chrétiens étant exclus.

Plus tard on assistera à la naissance de la Michna vers 200 après Jésus-Christ qui est l'ensemble des écritures et des discussions de texte sur la Torah ; ces textes sont classés non plus selon la Torah mais selon un système rationnel.

La mise à jour faite à Jérusalem et à Babylone vers 450 est le talmud qui est dès lors considéré comme normatif. C'est la base du judaïsme[5]

Les autres aspects de la littérature juive.

 

Il y a tout d'abord la littérature mystique de la Cabale ou Kabbala[6]. Pour la cabale L'alphabet est considéré comme sacré et la Bible est la clé ésotérique du cosmos[7]. Les fondements se trouvent dans le Sepher yetsira (le livre de la création) écrit aux environs de 300 après Jésus-Christ, certains en font remonter la rédaction au Ve et VIe siècle de notre ère, dans le Zohar (sepher ha Zohar ou livre de la splendeur) écrit au Moyen Âge, en Espagne, aux environs du XIIIe siècle, dont fait partie le Siphra di-Tzeniutha (le livre du secret).

À côté de la cabale on trouve le Midrash[8] qui tend vers une saturation du texte, un effort d'intelligence du texte.

Dans le christianisme nous assistons, après la crise gnostique du deuxième siècle, parallèlement, au retour au commentaire de l'Ancien Testament (Origéne).

Le déplacement des centres de culture juive.

L’exil à Babylone va ouvrir l’époque talmudique, qui se poursuivra en Egypte et à Rome.

L’Espagne connaitra son apogée au XIIe siècle, avec une convergence des traditions   abrahamiques à Cordoue.

En France médiévale les centres de culture brilleront dans la Narbonnaise et la Champagne[9].

A la fin du Moyen âge les centres culturels se déplacent en Allemagne, Pologne et Russie, les juif issues de ces régions sont appelés Ashkénazes[10].

Les ashkénazes seront à l’origine du renouveau hassidique au XVIIIe siècle avec le retour à l’étude stricte du talmud en réaction à la crise du XVIIe siècle provoquée par Sabbataï Tsevi qui s’était proclamé Messie avant de se convertir à l’islam.

Avec l’émigration en Amérique du nord le judaïsme devient mondial, les ashkénazes peuplant l’hémisphère nord, les sépharades l’hémisphère sud[11].



[1] Il y aura aussi par la suite des mélanges avec le persan puis le grec.

[2] Division de la thora en 54 sections hebdomadaires.

[3] Le pastiche est une composition imitant le style d’une époque ou d’un genre, il n’y a aucune connotation péjorative dans son emploi en l’espèce.

[4] Macchabée est le surnom de Judas un des sept fils du prêtre Mattathias. Les Macchabées seront les fondateurs de la dynastie des Hasmonéens. Avec la prise de Jérusalem, en 63 avant JC, par les romains Pompé mettra fin à la dynastie, la Judée devenant protectorat romain, Hyrcan II n’ayant plus que le titre d’ethnarque, sans réel pouvoir politique.

[5] On emploie souvent le terme « judaïsme rabbinique » ce qui est un pléonasme puisque le judaïsme est par principe une création rabbinique.

[6] En hébreu Kabbala signifie tradition.

[7] Les trois clés de la mystique juive étant BRCHT, le début d’Ezéquiel, et le cantique des cantiques

[8] MBR : Midrash Béréchit Raba.

[9]  Avec Rashi acronyme de Rabbi Shlomo ben Itzhak, encore appelé Salomon de Troyes, célèbre rabbin et vigneron  champenois du XIe siècle ; Il commenta la Bible hébraïque et le Talmud babylonien.

[10] Ashkénaze est le nom de l’arrière petit fils de Noé, il désigne les juifs d’Europe centrale, par oppositions aux Sépharades, dont la signification est espagnol plus exactement la péninsule ibérique et qui sont les juifs du sud.

[11] Les survivants de l’holocauste essentiellement ashkénazes s’installeront en Israël; majoritaires en France et en Israël le mouvement s’est inversé au profit des sépharades.