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Les grands problèmes de l’environnement : quelle agriculture pour demain ?[1]

 

Par Yvon Pailhès enseignant à l’université Paul Cézanne III

 

LES DIVERS MODES DE LUTTE OU DE PROTECTION EN MATIERE AGRICOLE

 

 

Aperçus et mise au point pour la compréhension des enjeux économiques

 

 

L’EXEMPLE DE LA VITICULTURE

 

 

LA VITICULTURE BIOLOGIQUE ET LA PROTECTION PHYTOSANITAIRE

 

La lutte contre les parasites et ravageurs est réalisée à partir de diverses substances toxiques pour les ennemis des cultures, substances qui peuvent être naturelles, comme le cuivre, le soufre etc. ou de synthèse.

Il y a 5 modes de luttes : la lutte systématique, raisonnée, intégrée, biologique et biodynamique, qui peuvent être regroupés en mode de lutte scientifiques (ou traditionnels) (I) et en modes de lutte idéologique (II).

 

I) les modes de lutte scientifiques

 

 

1) La lutte systématique :

 

 

C’est la destruction systématique de tous les parasites animaux ou végétaux qui menacent le vignoble.

 

2) La lutte raisonnée :

 

Dans ce cas I’emploi des produits agro-pharmaceutiques est plus rationnel.

Selon les normes définissant l’ensemble du vocabulaire concernant la phytiatrie et la phytopharmacie tel qu’établi en 1980 par l’Association française de normalisation (AFNOR) la réflexion va porter sur le choix des molécules, le choix de la dose, l’époque d’application et les techniques à mettre en œuvre.

 

3) La lutte intégrée :

 

C’est l’application rationnelle d’une combinaison de diverses mesures :

- Biologiques,

- biotechnologiques,

- chimiques,

- physiques,

- culturales,

Ces mesures sont fondées sur la sélection des végétaux.

L’emploi de produits chimiques phytopharmaceutique est limité au strict nécessaire, pour maintenir la présence des organismes nuisibles, en dessous du seuil à partir duquel apparaissent des dommages ou une perte économique inacceptable. Selon la directive européenne 91/414 CEE.

 

II) La lutte idéologique :

 

 

1) La lutte biologique :

 

Méthode qui consiste à combattre un ravageur par l’utilisation de ses ennemis personnels appartenant au règne animal ou au règne végétal (définition de la C.E.B. commission des essais biologiques 1990)

 

2) La lutte biodynamique :

 

Méthode fondée sur des théories occultistes et cosmiques[2] : on pense que des influences cosmiques agissent sur les plantes et que la vie est la conséquence de flux de matière mais aussi d’énergie.

A partir de là, on imagine une culture fondée sur :

- Les calendriers planétaires (aspects de la lune, etc…)

- l’utilisation de l’homéopathie (dilution à la énième centésimale : 5 ch., 9 ch.)

Les préparations homéopathiques sont à base de plantes ou de silice

- La dynamisation :

On « dynamise » le sol, les préparations étant des décoctions ou des purins.

Ainsi par exemple, un compost dynamisé se charge de forces cosmiques, de forces vitalisantes.

- L’isopathie :

On lutte contre les ravageurs en les détruisant (insectes, lapins) et en les dispersant ou en les pulvérisant à dose homéopathique dans la vigne, pour dissuader leurs pareils d’y revenir.

 

Exemples de préparations :

 

 

Bouses, silice, Achillée millefeuille, orties, prèle, fougère, algues (lithothamnium)

Nb : l’ortie serait très polyvalente, fongicide (après macération de 20 minutes), insecticide (après préparation de 24 heures), acaricide.

 

Illustration de l’idéologie biodynamique :

 

 

On augmente l’efficacité de ces « matières actives » si on les stocke plus ou moins longtemps dans des « logements particuliers ou symboliques » :

La silice et les orties sont plus efficaces lorsqu’elles sont placées dans une corne de vache, la camomille dans un intestin grêle de vache (pendant tout un hiver), l’achillée millefeuille dans la vessie d’un cerf, car l’achillée agit sur la vessie, l’écorce de chêne dans le crâne d’un bovin, etc.…

En conclusion « on ne traite pas (on défend) la vigne ou les cultures contre les ravageurs ; on lui apprend à se défendre seule » et c’est en cela que la « biodynamie » diffère radicalement de l’agriculture biologique.



[1] Ce texte est le support d’une partie du cours d'actualité économique et sociale dispensé à la faculté d'économie appliquée. Partie concernant les grands problèmes de l'agriculture contemporaine.

[2] Il s'agit de la mise en pratique des idées occultistes délirantes de l’anthroposophie de Rudolf Steiner.